La culpabilité
Suite à l'instant d'échange partagé autour de la culpabilité, j'ai souhaité prolonger la réflexion par écrit.
Cet article reprend et approfondit les questions posées ce soir-là : qu'est-ce que la culpabilité, réellement ? En quoi diffère-t-elle de la honte, du regret ou du remords ? À quoi sert-elle, et pourquoi devient-elle parfois si envahissante ? Comment se construit-elle à travers l'éducation, les normes sociales, les mécanismes de contrôle intériorisé ? Et surtout : comment l'apprivoiser, sans chercher à s'en défaire ni à s'y enfermer ?
Nourri de philosophie, de psychologie et de sociologie, ce travail s'adresse à toute personne qui s'est un jour reconnue dans ces phrases : « Est-ce que j'ai vraiment le droit ? », « J'aurais dû faire autrement », « Je m'en veux… »
Vous trouverez l'intégralité de cette réflexion ci-dessous.
Si ces questions font écho à votre propre vécu, n'hésitez pas à me contacter pour un accompagnement personnalisé.
1. Qu’est-ce que la culpabilité ?
a) Définition
A chaque instant nous pouvons en ressentir, ce sentiment désagréable qui nous colle à la peau et que l’on va même intégrer sournoisement : de la culpabilité. Elle est une émotion humaine universelle. On peut la ressentir à différents moments de notre vie : après une parole blessante, un conflit, un choix difficile ou parfois même sans raison apparente, sans comprendre exactement pourquoi.
Savons-nous seulement ce que c’est ?
Très simplement, pour appréhender la culpabilité nous commencerons par la définir car il est nécessaire, dans un monde social, de bien s’entendre sur la signification des mots que nous utilisons pour éviter bien des incompréhensions…
Le Robert - Dictionnaire de la langue française dirigé par Alain Rey retrace l’évolution du mot « culpabilité » ainsi :
Malgré les siècles passés, le terme « culpabilité » renvoie à l’idée de faute morale et de responsabilité.
Plus accessible, Le Larousse en ligne définit la culpabilité comme :
En résumé, la culpabilité suppose donc : l’idée d’une faute, un sentiment de responsabilité, et une souffrance psychique associée. Cette faute peut être : réelle, exagérée, imaginaire ou héritée de normes sociales intériorisées. Tout cela amène, pour Aurélien Graton et François Ric[1] à un comportement de réparation de la faute causée.
[1] https://doi.org/10.3917/anpsy.173.0379