En tant que sociologue, je fais souvent le constat de l’impuissance de mes interlocuteurs. La résignation s’installe. L’impuissance apprise, le sentiment d’inefficacité personnelle s’intègrent à nos croyances et régissent nos comportements. Ainsi, on ne croit plus en grand-chose : nous attendons que les événements arrivent et nous verrons bien comment nous y ferons face personnellement. Au niveau collectif, cela ne nous regarde plus : le chacun pour soi l’emporte.
Nous oublions pourtant que l’humain est un être social et que défendre des valeurs pour les autres c’est également les défendre pour soi. Il est vrai que les valeurs relèvent d’un domaine assez intime, mais je reste persuadée qu’il est possible de s’entendre sur l’essentiel en faisant appel à notre humanité. Se taire quand cela ne nous concerne pas encore, c’est prendre le risque d’être seul le jour où cela nous concernera.
Encore faut-il être armé culturellement et intellectuellement. C’est la raison d’être de cette catégorie : vous apporter certaines données et pourquoi pas vous donner envie d’aller plus loin.
Ne pas savoir est parfois subi ; ne pas vouloir savoir a un coût.